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Le poids des mots. Bon courage !

Pensée positiveParfois nous employons les mots sans prendre conscience de leur impact sur les autres et sur nous-même.

Il y a quelque temps déjà, une cliente au téléphone, pour me dire au revoir, m’a dit ‘bon courage’. Sur le coup j’ai été surprise. Pourquoi bon courage ? Aurais-je besoin de courage ? Pour moi le courage est une qualité dont on a besoin pour surmonter  les épreuves de la vie. Je ne pensais pas en avoir besoin pour travailler.

Petit à petit, je me suis fait plus attentive aux mots choisis dans les discussions. Et à plusieurs reprises on me saluait d’un ‘bon courage’. Moi-même, à force, je me suis surprise à l’utiliser également. ‘Au revoir, et bon courage’. L’expression était entrée dans mon vocabulaire.

Les mots que nous employons en disent plus long sur ceux qui les emploient que sur les personnes à qui ils sont destinés. Si cette cliente m’avait souhaité bon courage, peut-être avait-elle le sentiment d’en avoir besoin, elle ? Bien sûr il y a des personnes qui vivent une réelle souffrance au travail. Qui vivent parfois des situations dramatiques même. Mais est-ce si généralisé au point d’être passé dans le langage courant ? Ce ‘bon courage’ qui remplace un ‘à bientôt’ ou un ‘au revoir’ m’évoque un besoin d’être encouragé, pour affronter une épreuve. Le travail est-il devenu, pour une majorité de personnes, une épreuve ?

L’objet de cet article n’est pas de répondre à cette question. Il est de réfléchir à l’impact des mots. Les mots sont parfois employés à tort à travers. Ecoutez la radio, et vous verrez les multiples (et parfois mauvais) emplois du mot colère. La colère est partout, tout le temps dans les flashs infos… et le terme se banalise, alors qu’il est au départ un sentiment très fort.

Mais représentons-nous l’impact de tous ces mots sur notre humeur. Colère, colère, colère. ‘Courage’, ou ‘Bon courage’, sous-entendu ‘Soyez forts pour la journée que vous allez vivre’. Le verre passe petit-à-petit de moitié plein à moitié vide. Et, oui, la journée paraît effectivement plus difficile.

Alors aujourd’hui je décide de faire attention aux mots que j’emploie, et je prends conscience qu’ils ont un impact sur moi-même et sur les autres. Je décide de peser mes mots et de les employer à bon escient. Je décide de ne pas me laisser envahir par la morosité mais au contraire, dans mon propre intérêt, de redevenir maître de mon humeur. Je décide d’encourager vraiment les personnes qui m’entourent, pas avec un ‘bon courage’ qui n’encourage finalement rien ni personne, mais avec un ‘Bonne journée’ et un sourire.

J’espère que cet article vous aura plu. En tous les cas je vous souhaite… une bonne journée ! :-)

Nathalie Ayet

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Commentaire

  1. sandra
    27 mars 2012 at 18 h 16 min Répondre

    C’est tellement juste ! Et je crois bien que je le fais moi-même :( le « bon courage » !

    Dans le même style d’exemple, j’ai pris conscience de l’expression « j’ai pas eu le temps » ou « je n’ai jamais le temps de… » après de gros ennuis de santé qui m’ont tout fait arrêter du jour au lendemain et pendant plusieurs mois. Clouée chez moi, il a fallu m’occuper l’esprit et j’ai retrouvé du temps pour des passions que je reportais toujours à plus tard. Plus tard, quand j’aurai le temps…

    Aujourd’hui, je ne dis plus « je n’ai pas le temps de », mais « je ne prends pas le temps de »… et du coup, je m’oblige à prendre du temps pour ce que je souhaite faire !

    Merci, Nathalie, pour cette petite piqûre de rappel 😉

  2. Maggiore Marina
    27 mars 2012 at 20 h 40 min Répondre

    article très intéressant et réaliste.
    merci pour cette prise de conscience !

  3. fabiola
    17 juillet 2014 at 23 h 30 min Répondre

    je crois ressentir l’expression bon courage comme un manque de réelle prise de conscience de l’état réel de la personne et que cela est dit juste pour dire quelque chose mais sans vraiment souhaiter comprendre ce que la personne ressent
    en fait c’est dit juste pour vouloir être polit ou prétendre être plaisant

    • Nathalie Ayet
      18 juillet 2014 at 7 h 59 min Répondre

      Merci Fabiola pour votre commentaire. Vous avez raison ce ‘Bon courage’, dans ce contexte-là, est devenu un mot vidé de son sens à l’attention de l’autre, comme notre traditionnel ‘comment ça va ?’… A moins que ce souhait de courage ne s’adresse à soi-même plutôt qu’à son interlocuteur ?

  4. DELAGARDE Michel
    30 avril 2015 at 9 h 20 min Répondre

    Cet article me plait bien , il traduit parfaitement l’appauvrissement du langage actuel , il faut faire du  » rapide  » du standardisé .
    Pour moi le terme bon courage utilisé par un interlocuteur ( collègue / client / relation ) veut dire : je ne peux rien pour toi , c’est devenu ton problème : je t’ai expliqué la situation , à toi de gérer …
    Le courage c’est la ressource que l’on utilise lorsque l’on est seul face au danger , le courage n’a pas , normalement , sa place dans un contexte de travail de bureau .
    Dire  » bon courage  » au soldat qui sort de sa tranchée pour monter à l’assaut , d’accord ; bon courage pour affronter une situation qui risque d’ être périlleuse , oui .
    Bon courage pour terminer une conversation  » banale » , non !
    Mais cela est  » main stream  » dans l’air du temps …
    Luttons pour sauvegarder le sens des mots , il y a du travail à faire et du courage il en faudra , la tâche est ardue .

    • Nathalie Ayet
      30 avril 2015 at 21 h 52 min Répondre

      Merci pour votre commentaire. Vous avez raison, les termes perdent de leur sens et s’appauvrissent, menant à leur banalisation, alors que notre langue est tellement riche.

  5. Belin Sylvie
    31 août 2017 at 11 h 18 min Répondre

    Merci beaucoup pour cette article et les commentaires. Me concernant, je n’ai plus envie d’entendre l’expression « bon courage ». J’ai vécu un deuil d’une extrême violence en 2015. La famille et mes amis m’ont souhaité bon courage. j’ai du l’entendre plus d’un millier de fois en 1 journée.
    Cette expression m’agresse fortement aujourd’hui. Effectivement banalisé dans la vie courante, cette expression n’a plus de sens. Dans mon cadre professionnel, j’accompagne des personnes vers un retour vers l’emploi. Je ne dis plus cette expression depuis maintenant des mois. Et cela à permis de prendre du recul et de m’adapter à la situation de la personne et de terminer l’entretien par une expression plus adaptée et positive pour la personne. Et le constat est que les personnes viennent en entretien avec le sourire et l’envie d’avancer à leur rythme. Pour moi c’est gagné.

    • Nathalie Ayet
      19 septembre 2017 at 12 h 29 min Répondre

      Merci pour votre commentaire Sylvie. Par votre témoignage on voit bien comment nous influençons, même par de simples mots, notre entourage, et encore plus dans votre métier ! De quoi nous renforcer dans notre vigilance.

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